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Air Jordan 1, la chaussure qui a tout changé, point final.

  • Photo du rédacteur: Lolus
    Lolus
  • 6 janv.
  • 4 min de lecture

Si un sneakerhead devait répondre à la question : « Quelle chaussure parmi toutes celles qui existent choisirais-tu pour n’en garder qu’une ? », il n’hésiterait probablement pas : « Une Air Jordan… la première, évidemment ».


Difficile de faire plus iconique. Difficile même d’imaginer une sneaker qui ait davantage marqué l’histoire, changé les codes et bouleversé un marché tout entier. Car la Air Jordan 1 n’est pas seulement une chaussure. C’est LA chaussure qui a redéfini les règles du jeu. Définitivement.


Une Air Jordan 1 rouge blanche et noire sur un parquet de basket

Chapitre I - Avant la chaussure, il y a un pari fou.


On ne peut pas comprendre la Air Jordan 1 sans revenir à l’été 1984.

Michael Jordan est alors un rookie prodigieux, promis à un grand avenir, mais encore loin du statut de mythe. Nike, de son côté, est tout sauf le géant que l’on connaît aujourd’hui. Face à Converse, installée en NBA depuis 1949, et Adidas, arrivée en 1971, la marque au swoosh est un outsider, presque un pari risqué.


Phil Knight (fondateur de Nike) le sait : pour exister dans le basket, Nike doit frapper fort.

Il embauche alors Sonny Vaccaro, visionnaire du marketing sportif, chargé de repérer et sécuriser les talents universitaires les plus prometteurs. Vaccaro voit immédiatement en Jordan le joueur sur lequel il faut tout miser.


Le problème ? Jordan est pro-Adidas. Et Converse le courtise sérieusement.

C’est là qu’intervient une figure clé de cette histoire : Deloris Jordan, la mère du basketteur. Elle pousse Michael à écouter Nike, négocie avec une lucidité rare et impose une clause totalement inédite : un pourcentage reversé à son fils sur chaque paire vendue en son nom.

Un séisme. Jamais un joueur NBA n’avait obtenu un tel accord (encore moins un joueur qui n'avait pas encore fait toutes ses preuves !).



Chapitre II - Concevoir une chaussure à la hauteur du mythe à venir


Jordan signe. Reste maintenant à créer une chaussure capable de porter l’ambition.


Début des années 80 : les marques comprennent que le basket ne se joue plus seulement sur les parquets, mais aussi dans la rue, dans la musique, dans l’attitude. Il faut une sneaker performante, désirable, identitaire. Nike confie le projet à Peter Moore, designer et directeur artistique de la marque pendant vingt ans (de 70' à 90'). Moore ne dessine pas simplement une chaussure, il construit un symbole. C’est lui qui impose un design tranchant, agressif, rouge et noir (les couleurs des Chicago Bulls).


C’est lui aussi qui imagine un logo inédit, destiné à remplacer le swoosh sur la chaussure. Inspiré d’une photo de Jordan en extension, il cherche à capturer cette sensation irréelle : Jordan ne saute pas, il flotte. Les Air Jordan sont nées.


Une paire de Air Jordan 1 rouges

Chapitre III - Jordan refuse la légende… avant de l’incarner


Lorsque les designers présentent à Jordan son futur modèle signature, rouge et noir, il grimace : « Je vais avoir l’air d’un clown dans ça ». Voilà sa première réaction. Ironique, quand on sait qu'il s’apprête à enfiler la sneaker la plus vénérée de la planète…


En effet, le modèle arbore les couleurs de sa future équipe de Chicago, or la NBA possède alors un dress code strict : chaque chaussure doit contenir une proportion minimale de blanc. La Air Jordan 1 est : rouge, noire, agressive, transgressive et de fait, interdite. Dans un autre monde, l’histoire s’arrêterait là. Mais non ! Je pense que Nike a su voir dans cette interdiction un coup de maître potentiel et a rapidement compris la capacité narrative de la sanction.


L’amende est salée : 5 000 dollars par match, pour chaque fois que Jordan ose porter l’objet du délit. Nike paie docilement et surtout stratégiquement. Le message devient clair : la NBA interdit la paire, Nike la défie, les fans adoptent la légende. Le résultat est sans appel : une hype gigantesque et un mythe en construction. Jordan devient plus qu’un joueur, il devient une religion.


Une paire de Air Jordan 1 noires et blanches

Chapitre IV - Quand une interdiction déclenche une révolution


C’est à ce moment de l'histoire que tout change :

  • Marketing

  • Influence

  • Sneaker culture

  • Signature shoes

  • Dress code NBA

Plus rien ne sera jamais comme avant.


Les AJ1 forcent l’entrée de Nike dans la NBA, renversent les codes, inventent la sneaker culture moderne, et ouvrent la voie à une ère où une chaussure n’est plus un accessoire… mais un symbole identitaire.


Une Air Jordan 1 bleue claire sur le bitume avec un tag derrière

Chapitre V - De l’amende à l’empire


La Air Jordan 1 devient un phénomène. Mais détail méconnu : à leur sortie, elles ne se vendent pas si bien que ça. Elles dorment même en magasin. Les ados hésitent, les parents râlent. Trop chères, trop voyantes, trop différentes.


Aujourd’hui, le modèle est un ticker boursier vivant, une valeur refuge du marché, un actif culturel dont chaque colorway provoque des files d’attente !


Quelques chiffres qui dessinent sa légende :

  • 126 millions de dollars de ventes en un an, quand Nike n’en espérait que 3 millions sur… quatre ans.

  • Une paire dédicacée adjugée 560 000 dollars en 2020 chez Sotheby’s.

  • La Jordan x Dior à 1900 euros lors de sa sortie.

  • En 2019, Nike reverse 145 millions de dollars à Jordan.

  • En 2014, la Jordan X « Powder Blue » génère 36 millions de dollars en un seul jour.


On peut difficilement faire plus impactant. La Air Jordan 1 invente littéralement le marketing moderne autour d’une star, ouvre la voie à la domination future de Jordan Brand et propulse le streetwear dans une dimension culturelle et économique nouvelle.


Une paire de Air Jordan 1 rose

Épilogue - Une île déserte, un mythe intact


La Air Jordan 1, c’est l’histoire d’une chaussure interdite qui devient l’un des objets les plus convoités du monde. C’est l’histoire d’un modèle refusé, puis idolâtré. C’est l’histoire d’une amende transformée en révolution. C’est l’histoire d’un règlement NBA qui, sans le vouloir, a créé le mythe le plus solide de la sneaker culture. Elle a changé la mode, le marketing, la NBA et la culture tout entière.


Alors oui, si un sneakerhead devait vraiment choisir une seule chaussure à emporter sur une île déserte… le choix ne ferait pas un pli.


La Air Jordan 1. La première. La seule. La légende.


Pour ne rien vous cacher, à l'occasion de mes 18 ans, j'ai reçu le maillot de MJ et ses fameuses AJ1 🤩... mais j'attends encore mon titre en NBA !

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